Des valeurs “naturalistes”

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L’actualité chimique - n°319

Avril 2008

À plusieurs reprises dans nos précédentes chroniques, nous avons été amenés à évoquer l’émergence de "valeurs naturalistes" dans notre société. Interpellé par un lecteur
attentif du blog "Parlez-vous chimie ?"(1), nous nous proposons d’expliciter ce que nous entendions par là. Un épisode de l’histoire du rapport entre la chimie et la nature va nous y aider.
Le 5 avril 1894, le chimiste Marcellin Berthelot prononçait une conférence intitulée "En l’an 2000", à l’occasion du discours du banquet de la Chambre Syndicale des Produits Chimiques(2) : "[L]e problème des aliments, ne l’oublions pas, est un problème chimique. Le jour où l’énergie sera obtenue économiquement, on ne tardera guère à fabriquer des aliments de toutes pièces, avec le carbone emprunté à l’acide carbonique, avec l’hydrogène pris à l’eau, avec l’azote et l’oxygène tirés de l’atmosphère. […] Car telle est la puissance de la synthèse chimique.